Rapport annuel 2015 du secteur Nutrition

Année: 

2 015

Période: 

01/01/2015 - 31/12/2015

L’insécurité alimentaire à Madagascar est principalement causée par un accès insuffisant à la nourriture, qui trouve ses racines dans la pauvreté et la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages.

Par conséquent, l’amélioration de la sécurité alimentaire de la population ne peut se faire sans aborder les problèmes généraux de la pauvreté, surtout ceux qui sont à l’origine de :

  • La fragilité des stratégies de subsistance des ménages, tout particulièrement celles des ménages des petits exploitants agricoles, des ménages à ratio de dépendance élevé, et des ménages de travailleurs journaliers;
  • Du faible développement de l’agriculture et de la faible productivité du secteur agricole, faisant des ménages agricoles des consommateurs-nets plus que de producteurs-nets;
  • De la faiblesse générale du niveau d’éducation, surtout en milieu rural;
  • Du manque d’opportunité d’emploi et de revenu, et d’accès au crédit;
  • De la dépendance de la plupart des ménages pauvres au marché pour s’acquérir de denrées alimentaires, les rendant victimes des fluctuations des prix;
  • De la vulnérabilité de la population et des communautés aux différents cataclysmes naturels qui frappent de façon récurrente le pays ;
  • De la faible capacité de résilience des ménages et des communautés face à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dues aux phénomènes climatiques qui auront toujours des impacts sur les conditions de vie des ménages, en plus des enjeux de court et de long terme.

Nous avons mis d’avantage en évidence les besoins sur les appuis technico-financière adapté à l’amélioration des indicateurs habituels, la faiblesse des capacités de prévention ainsi que les limites des types de réponse disponibles pour faire face aux éventuels caprices du contexte sur le terrain.

La rigueur est donc de mise, aussi bien pour l’ONN que pour les parties prenantes de la lutte contre la malnutrition, afin de procéder aux nécessités suivantes :

  • Repenser les mécanismes d’information et d’alerte précoce, particulièrement, pour faire en sorte que ceux-ci saisissent dorénavant l’ensemble des dimensions de la sécurité alimentaire et nutritionnel dans l’ensemble du pays.

Ce sont des processus qui exigent un consensus préalable entre les acteurs, (dispositif national; institutions régionales coordonnées par l’ONN et les institutions nationales et internationales) pour sortir de la routine et pour s’orienter vers une vision renouvelée du cadre d’analyse des situations alimentaires et nutritionnelles dans chaque Région, notamment, la mise à l’échelle des interventions à fort impact en matière de la lutte contre la malnutrition.

D’ailleurs, l’opportunité de se recadrer dans des nouvelles stratégies se présente cette année 2016, année d’évaluation de l’ancien PNAN et de l’élaboration du PNAN III, qui nous permet d’espérer produire des retombées exceptionnelles en termes de réduction du taux de la malnutrition chronique.

  • Renforcer dans les futurs axes stratégiques dans la nouvelle réorientation stratégique (du PNAN 2016-2020) conciliant de manière systématique, simultanée et sans préjugé, les stratégies et programmes de développement à long terme avec les actions d’urgence.

En effet, l’assistance d’urgence ne peut évidemment ni résoudre la question de la pauvreté et de la précarité chroniques, ni se substituer aux actions de développement pour réduire la vulnérabilité structurelle. Il semble nécessaire d’admettre que les «développeurs du pays» doivent se doter des mécanismes nécessaires pour pouvoir, en cas de besoin, prendre part à la réponse aux éventuelles crises et que les acteurs humanitaires doivent être encouragés à renforcer le rôle que certains d’entre eux jouent déjà dans le domaine du développement.

  • Accroître la capacité nationale de prévention et d’anticipation de l’aggravation des éventuelles crises à travers l’élaboration logique d’un nouveau système de suivi-évaluation des actions, suivant les futures réorientations stratégiques bien évidement. Tout en priorisant de couvrir à une échelle de 70%, au moins, les interventions dont l’on jugera que ceux-ci nous permettre d’avoir des retombées importantes en termes de réduction du taux de la malnutrition. Désormais, l’appropriation du nouveau système de suivi-évaluation à tous les niveaux est indispensable.

Afin d’assurer un programme cohérent et sensible à l’évolution du contexte, il est recommandé de :

  • Renforcer les approches multisectorielles (intégration des interventions de sécurité alimentaire, d’agriculture, d’eau et assainissement et de santé),
  • Renforcer les approches genres,
  • Renforcer les mécanismes de coordination, aussi bien au niveau régional que national, pour une bonne harmonisation des activités de tous les intervenants,
  • En matière de nutrition, améliorer et renforcer le cadrage institutionnel du secteur nutrition,
  • Développer la communication institutionnelle pour le plaidoyer,
  • Renforcer les systèmes de suivi évaluation et d’information du secteur nutrition,
  • Mettre en en place un système de veille nutritionnelle et de surveillance alimentaire. 

Type de publication: 

  • Rapport d'activités

Fichiers attachés: 

Date de publication du document: 

17/05/2016 - 10:15am

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