Lancement de la Campagne de Diffusion des Messages à Analamanga

Près de 1,9 million de personnes, dans le Sud de Madagascar, ne sont ni approvisionnées ni sécurisées en matière de nourritures. 450.000 d’entre elles font face à une carence nutritionnelle grave, selon les chiffres du gouvernement lui-même et ceux de l’ONU récemment publiés. La sècheresse a frappé trois récoltes successives. L’épicentre du Kere se situe à Ambovombe.

Des rangées de cactus se dressent dans ce paysage lunaire mais pas grand-chose d'autre ne peut jaillir de ce sol brûlé par le soleil. Les familles ne prennent pas de petit-déjeuner. Leur déjeuner et dîner consistent en des feuilles de manioc, des fruits à peine comestibles et des cactus rouges (« raketa mena ») mélangés à de la chaux. Ce sont ces repas qui causent le ballonnement des ventres des habitants de cette région laissée-pour-compte.

Chaque année, les régions au Sud de cette ancienne colonie française sont exposées aux cyclones, à la sécheresse, aux inondations, à la peste, aux invasions de sauterelles (« Valala ») et aux changements climatiques, déréglant l’amplitude thermale allant aux extrêmes du chaud et du froid. Des éruptions de peste bubonique et la poliomyélite sont réapparues au cours de l'année passée. Près de la moitié des enfants de moins de cinq ans sont victimes d’une malnutrition chronique. Ce qui constitue le quatrième taux le plus élevé au monde. Pourtant, moins de 0.5% du budget national est consacré à ce problème persistant. La malnutrition retarde non seulement le développement de la croissance mais augmente aussi le risque d'obésité. Elle peut aussi stopper le développement cérébral, causant un mal irréversible au cerveau, détruisant ainsi la capacité d’apprendre et l’anéantissement du quotient intellectuel.

Ce retard sur le développement (aussi bien physique que moral) réduit les performances scolaires. C’est l'équivalent de deux à trois ans d'enseignement qui se perdent, diminuant encore plus le pouvoir d’achat. L'UNICEF révèle qu'une fille rachitique donnera probablement naissance à un bébé sous-alimenté. Or, seulement 12% de ces enfants sous-alimentés ont accès à un traitement digne de ce nom. Les experts tirent la sonnette d’alarme que le fait que toute cette génération d’enfants actuellement mal traités, entrainera des conséquences sociales et économiques d'une portée incalculable pour l’avenir même du pays.

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